C’est souvent le moment où l’on relâche. Les récoltes sont faites, les journées raccourcissent, et l’envie de passer du temps au jardin diminue. Pourtant, ce qui se joue en novembre détermine en grande partie la saison suivante.
Voici l’essentiel, sans y passer des week-ends entiers.
Ne jamais laisser la terre nue
C’est la règle la plus importante, et celle qu’on oublie le plus souvent. Une terre nue exposée aux pluies d’hiver se tasse en surface, se lessive de ses éléments nutritifs, et se retrouve au printemps compacte et difficile à travailler.
Une terre couverte, à l’inverse, reste meuble, garde sa vie souterraine active, et se réchauffe plus vite au printemps.
Trois façons de couvrir, toutes valables :
- Les feuilles mortes, ramassées en tas et étalées en couche de cinq à dix centimètres. C’est gratuit, disponible partout en cette saison, et cela nourrit le sol en se décomposant.
- Les résidus de culture : tiges de haricots, fanes, herbes coupées. Inutile de tout emporter au compost, une partie peut rester sur place.
- Un engrais vert semé fin septembre ou début octobre, si vous vous y êtes pris à temps.
Oublier le bêchage profond
C’est un geste transmis de génération en génération, et il mérite d’être questionné. Retourner la terre en profondeur inverse les couches du sol et perturbe les organismes qui y vivent, chacun à son étage. Les vers de terre, en particulier, font un travail d’aération que la bêche ne remplace pas.
Un simple passage de grelinette ou de fourche-bêche, qui décompacte sans retourner, suffit dans la plupart des cas. Sur un sol très lourd et argileux, un travail plus marqué peut se justifier, mais cela reste l’exception plutôt que la règle.
Apporter la matière organique maintenant
L’automne est le bon moment pour épandre du compost mûr ou du fumier bien décomposé. Inutile de l’enfouir : posé en surface, sous le paillage, il sera progressivement intégré au sol pendant l’hiver par la faune et les pluies.
Comptez quelques centimètres d’épaisseur, pas davantage. Trop de matière organique d’un coup n’est pas mieux, elle risque simplement de ne pas être assimilée.
Nettoyer ce qui doit l’être, et seulement cela
Deux choses méritent d’être retirées du jardin plutôt que laissées sur place :
- les plants visiblement malades, notamment les fanes de tomates touchées par le mildiou, qui peuvent entretenir le problème d’une année sur l’autre ;
- les plastiques, ficelles et tuteurs abîmés, qui ne se décomposeront pas.
Pour le reste, un jardin un peu en désordre en hiver est un jardin qui abrite de la vie. Un tas de branches dans un coin, quelques tiges creuses laissées debout : ce sont des refuges.
Prendre cinq minutes pour noter
Le geste le plus rentable de la saison ne demande aucun effort physique. Notez ce qui a été cultivé sur chaque planche cette année.
Cela vous permettra d’organiser une rotation l’an prochain, c’est-à-dire de ne pas replanter la même famille de légumes au même endroit. C’est l’un des moyens les plus simples de limiter les maladies et l’épuisement du sol, et il ne coûte rien.

